mardi 5 juin 2007

COMME JULIEN RAISIN

Julien Raisin a fait ma journée. Lisez son commentaire sur «L'inutilité». Il nous donne un exemple hallucinant de ce qu'est la bureaucratie. J'aimerais bien en avoir d'autres. Voir la machine de l'intérieur. Les étapes exigées pour rien sinon pour justifier des postes.
Moi qui suis les affaires gouvernementales depuis des années, j'en apprend tous les jours. Mais Julien Raisin m'a ébloui avec son exemple: pour changer un onglet dans un site internet, ça prend même un architecte? Qu'est-ce que ça doit être pour acheter un écran plat pour l'ordinateur de la réceptionniste? Une chaufferette pour sa secrétaire? Une place réservée au rez-de-chaussée du stationnement du G?

7 commentaires:

Guy a dit…

Monsieur Hébert,

je travaille moi-même au gouvernement du Québec comme infomaticien externe depuis plus de 15 ans. Quand Julien Raisin parle d'architecte, il veut dire un analyste en informatique senior. J'en suis un moi-même et je ne construit pas de maisons !!!

Même s'il y a beaucoup de vrai dans son commentaire, il est quand même un peu exagéré. Ce genre de choses arrive, mais ce n'est pas toujours comme cela. Il y a toujours un contexte particulier pour chaque organisme ou système informatique. Les normes et réunions qui sont dénoncées ici ne sont pas toutes inutiles. Des fois il vaut mieux faire quelques réunions que de tout recommencer continuellement.

Ceci étant dit, il y a beaucoup d'externes en informatique car la main d'oeuvre est rare et le gouvernement a de la misère à recruter car leurs salaires sont plus bas que dans le privé. De plus, un externe coute plus cher de l'heure mais ça s'arrête la. Pas de congés de maladie accumulables, pas de fond de pension, pas de tablette s'il est incompétent... si c'est le cas, on le fout à la porte et on en prend un autre !!

Bref, il y a de la bureaucratie, mais il ne faut pas généraliser.

michel hébert a dit…

est-il exact que le gouvernement a recours à des experts externes parce que les siens sont dépassés?

Guy a dit…

Le gouvernement a d'excellents experts mais il n'en a probablement pas assez. Dans certains domaines de pointe, ils sont probablement dépassés, mais les firmes conseils peuvent l'être aussi. Ces firmes ont aussi un travail constant à faire pour se garder à la fine pointe de la technologie.

Je pense que le recours aux externes est plus motivé par le fait que les externes peuvent être remplacés et que les firmes doivent offrir une garantie de qualité. Et doivent respecter les échéanciers. Ce qui n'est pas toujours facile à obtenir de personnel syndiqué.

Probablement aussi que le gouvernement pratique une forme de subvention du privé pour conserver une masse critique d'expertise en informatique. Cette masse critique permet à nos firmes de compétitionner sur la scène internationale, mondialisation et offshoring oblige.

Julien Raisin a dit…

Bonjour Michel et Guy,
premièrement je trouve cela intéressant d'avoir un commentaire sur mon commentaire de la part d'un consultant en informatique. Je vais tout d'abord répondre à Guy concernant l'architecte. Guy tu es en informatique depuis 15 ans, tu viendra pas me dire que tu ne sais pas c'est quoi un architecte organique au gouvernement. Tu sais au gouvernement avec un baccalauréat en informatique tu peux être architecte organique, architecte fonctionnel, pilote, analyste fonctionnel, coordonateur...

Pour ce qui est du deuxième paragraphe, quand tu dis que j'exagère, je pense que tu ne travail pas à la même place que moi et que tu juges sans même avoir travaillé à la même place que moi. Ce que j'ai dis, c'est la pure vérité, preuvent à l'appuis. C'est normal de ta part étant consultant de vouloir défendre la méthode DMR Productivité Plus qui est lâ pour créer des postes inutiles. Moi je propose que le gouvernement s'oriente plus vers la méthode Agile que DMR Productivité Plus.

Le gouvernement a de la misère car tout les directeurs perdent les postes avec les mises à la retraite et n'a donc plus le choix de se retourner vers les consultants. Si le gouvernement veut sauver de l'argent, qu'il mette dehors les consultants et qu'ils remplacent les mises à la retraite, ça c'est une chose mais c'est surtout dans la façon de faires les choses qu'il faut revoir.

Pour répondre à ta question Michel,
c'est pas une question qui sont dépassés, c'est parceque les fonctionnaires en informatique sont débordés. Depuis la fameuse réingénérie, les coût des contrats des services professionnels ont augmentés en flèche les directeurs n'ayant pas assez de ressources à l'interne n'ont d'autres choix que de se retourner vers les consultants à gros prix même incluant les avantages sociaux. Si tu veux Michel, ça va me faire plaiser d'aller dîner avec toi et de te dire comment ça se passe à l'interne car notre ami Guy ne semble pas être au courant de tout. Bonne fin de journée.

Dan B a dit…

Je travaille moi aussi au gouvernement.

Je suis tout à fait d'accord avec Julien Raisin. Il serait intéressant pour vous, Michel, que vous informiez combien coûte le support d'un site Internet comme le Portail Internet du gouvernement www.gouv.qc.ca.

Il y a une armée de consultants, d'analystes et programmeurs pour tenir ce site à jour. Jobboom.com c'est rien comparé à cela.

C'est vrai qu'il y a des fonctionnaires qui sont totalement dépassés. C'est aussi vrai qu'il y en a des très compétents mais qui sont mis de coté car les consultants sont en majorité. Ils se font des réunions, se créer des comités, ils s’auto-génèrent du travail. Plus ils sont là longtemps, plus s’est payant. Même s’ils ne terminent pas leurs projets, ils seront réengagés. Si ce n’est pas dans le même ministère, ce sera dans un autre. C’est un peu le jeu de la chaise musicale.

Définition d’un consultant : Celui à qui tu demandes l’heure, qui t’emprunte ta montre pour te répondre et qui la garde pour service rendu…

Au plaisir

Jean Tremblay a dit…

Tout est dans les chansons!!!

Le commentaire de Julien Raisin a de quoi révolter, et il s'inscrit en parfaite cohérence avec une chanson que Richard Desjardins a chantée avec son groupe Abbittibbi...

Voici les paroles de la chanson "Les bonriens"

Lundi matin
y avait une grosse commotion:
"Patron ça va pas ben,
y a pus d'tits crayons."

Le patron des bonriens,
sans hésitations
y fait lever la main.
Un, deux, trois: Réunion!

"Faut trouver un' solution;
qu'est-ce qu'on fr'a ben?
Une réquisition!"
Le patron, c'est que'qu'un.

Quand l'moment est venu
de passer à l'action,
y s'est ben aperçu:
y avait pas d'tits crayons.

{Refrain:}
Les bonriens, les bonriens...
Les bonriens, les bonriens...

Y vont t'donner'a main
avant les élections;
quand t'en as besoin
y sont en réunion.

Y ont ben des pépins
surtout de digestion
quand y pètent enfin,
y pètent une dépression.

Le papier du medecin:
"Ce monsieur n'en peu plus.
Le traitement qui convient
se donne à Honolulu"

où c'qu'y font des congrès
pour êt'ben certains
qu'y s'ront pas tout seuls
à rester des bonriens.

{au Refrain}

Sont comme les sangsues,
y ont besoin d'affection
sont comme les statues
y ont besoin d'érection.

C'est dans'chambre de bain
qu'ils ont des frissons
quand y s'pognent le ouin..ouin
dans l'trou du bain tourbillon.

Un'affaire de certain,
y ont ben du vécu;
même qu'on les a vus,
à'brassette du coin.

Y sont allés plus loin,
voir les danseuses tout nues;
en sortant, ben certain,
y ont d'mandé un reçu.

{au Refrain}

Quand j'en aperçois un,
ti-faiseux, gros pognons,
chus jaloux, j'en conviens,
qu'est ce'tu veux, chus colon.

C'est pour ça qu'un matin
j'ai passé l'entrevue
à Régie des Bonriens
pour devenir tape-cul.

"Quel est votre nom?"
"Moi, c'est Béni-ouin-ouin."
"Votre occupation?"
"Ben, aspirant bonrien."

"Quel est votre but?"
"Ben, un beau plan d'pension."
"Ben À quelle position?"
"Ben, assis sur mon cul!."

C'est dans leur convention
à 'page quatre-vingt:
la compétition,
faut t'nir ça ben loin.

Croyez-le oui ou non,
j'ai coulé l'examen.
le patron m'a répond:
"T'aurais dû en faire moins."

On rit ben, on rit ben,
beau dommage dans l'fond,
faut pas rire des bonriens,
Richard, mauvais garçon.

Sont tell'ment humains
que j'en ai des frissons,
y ont tell'ment d'instinct
qu'y leur pousse des totons

Ah le patron, j'l'ai revu.
j'y ai dit: "Vous irez très loin."
"Bonne affaire mon Ti-Clin,
comme ça on se r'voira pus."

"En passant, dis-moi donc,
quand a'est couchée dans ton foin,
à pousse-tu ton crayon pour te faire un dessin?"

La j'finis ma chanson,
ça, ça m'rapport'ra rien,
moi j'ai perdu mon nom
dans l'mouvement Desjardins .

Quand je roule dans la rue
pis que j'vois un bonrien
J'pas capab', j'passe dessus,
ça fait un d'plus en moins.

{au Refrain}

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Caricatural, mais tellement vrai...

http://www.jeantremblay1976.blogspot.com

Ringo Rinfret a dit…

J'ai lu les commentaires de Michel et de Julien et je suis entièrement d'accord et j'approuve tout ce qu'a écrit Julien Raisin. Étant moi-même consultant au gouvernement depuis 3 ans, j'ai travaillé dans le privé les 10 ans précédents. Je suis donc en mesure de comparer les deux secteurs. Si on compare la structure organisationnelle et décisionnelle de l'informatique du secteur public et celle qu'on retrouve généralement dans une grande entreprise privée, ça se ressemble beaucoupe sauf que... dans le secteur privé, il y a de la place pour l'initiative personnelle à tous les niveaux car il y a l'imputabilité. Dans le secteur publique, personne n'est imputable, donc, il n'y a pas de place pour l'initiative personnelle. Pourtant, tous les employés de l'état se sentent importants et n'essayez pas de les contourner, ils sont importants mais pas responsables.

L'initiative personnelle permet de gagner du temps et de sauver de l'argent, deux choses qu'on recherche à économiser dans le privé mais pas dans le secteur publique, du temps, il y en a en masse et donc de l'argent aussi. Essayez de repousser la livraison d'un projet plus qu'une fois dans le secteur privé... la première fois, ça passe mais pas la seconde. Dans le secteur publique, pas de problème, on peut repousser une livraison 2, 3 ou même 4 fois!! Surprenez-vous pas de voir des coûts de projets exploser et les voir doubler ou tripler...

Les experts du secteurs publique sont compétents et certains travaillent comme des fous... mais pour un pauvre diable, il y en a 2 ou 3 trois qui se trainent la patte!! L'autre problème du secteur publique, c'est la relève. Deux situations que j'ai vues... la première, il y a une seule personne à l'interne qui possède la connaissance et l'autorisation de travailler sur un système pointu. On ne verra pas ça dans le privé, l'employeur s'assurerait qu'au moins trois personnes puissent faire ce travail. Dans le secteur publique, on sait que l'employé ne s'en ira pas et s'il le fait, on le sait des mois à l'avance, à moins qu'il soit malade sur une longue période ou qu'il meurt subitement. C'est là le problème.

L'autre situation, je l'ai vue au Revenu. Un jeune dans la vingtaine est engagé comme occasionnel. Il y travaille pendant un an, un an et demi, son contrat étant renouvelé aux six mois. Le jeune acquiert des connaissances et des compétences très recherchées dans le marché qui ne sont presque plus enseignées dans les écoles et universités, soit sur l'ordinateur central. Voilà qu'à l'hiver dernier, les élections étant dans l'air, le MRQ gèle tous les projets et met fin aux contrats de tous les occasionnels de l'informatique (tel que le permet la convention collective)... dont le jeune que je parle. Une firme privée ne fait ni un ni deux, engage le jeune avec un plus gros salaire, des meilleures conditions de travail et le refile... au MRQ!