lundi 5 novembre 2007

SE MOQUER DES RÉGIONS

La jeune ministre de l'Immigration et des communautés culturelles, Yolande James, a probablement dit ce qu'on lui avait demandé de dire, l'autre jour, en affirmant que la réduction de la taille de l'État avait entraîné l'abolition de 32 postes seulement dans son ministère. Elle était dans le champ, comme on dit en agriculture...
Car selon un document du Conseil du trésor dont nous avons obtenu copie, (malheureusement pour elle), les effectifs du MIC fondent plus vite que l'Artique.
Et c'est en région, là où on voudrait justement plus d'immigrants, que les fonctionnaires disparaîssent le plus évidemment. En certains endroits, le MIC n'en a plus un seul. Zéro, néant! Bureaux fermés, lumières éteintes...
Il n'y a plus personne du MIC sur la Côte-Nord, dans le Centre du Québec, en Gaspésie, en Chaudière-Appalaches, dans Lanaudière et dans les Laurentides. Le document intitulé Évolution des effectifs réguliers par leur territoire naturel de travail montre qu'au 31 mars dernier, il ne restait que deux fonctionnaires du MIC au Saguenay-Lac-Saint-Jean et un seul en Abitibi. (Y sont-ils encore?)
À Québec, où l'on voudrait aussi plus d'immigrants, les effectifs ont fondu comme neige au printemps sur Grande-Allée: des 160 fontionnaires dénombrés en 2005, 125 sont partis. La contraction de la main-d'oeuvre a évidemment moins touché la métropole où le nombre de fonctionnaires du MIC est passé de 764 à 714.
Interrogée par le PQ à l'Assemblée nationale, la ministre James a répliqué, en claquant des talons hauts:
- Dans (sic) aucun moment, les services à la clientèle, que ce soit en francisation/intégration, ne sont touchés par les objectifs (de réduction) qui sont fixés.
C'est peut-être vrai à Montréal mais ailleurs, c'est une autre paire de manche.
Yolande James affirme aussi que c'est le personnel administratif qui a surtout été réduit. Ça, c'est vrai. Le personnel de bureau est passé de 337 personnes à 208. Mais les départs à la retraite ont été nombreux chez les professionnels: ils étaient 374 en 2005, ils ne sont plus que 299, soit 75 de moins. On compte 177 techniciens, 50 de moins qu'il y a deux ans. Les enseignants du MIC sont aussi moins nombreux; on en dénombrait 127, il en reste 110.
Au total, les effectifs du MIC sont passés de 1132 employés à 844, soit une réduction de 25,5 % en deux ans, précise l'Évolution des effectifs réguliers par catégorie d'emploi faite, elle aussi, par les nerdz de Monique Jérôme-Forget.
Dans un monde idéal, le gouvernement déplacerait les effectifs disponibles vers les services où les besoins sont grandissants. Si les assistés sociaux sont moins nombreux, pourquoi ne pas muter le personnel à l'Immigration, en région?
Parce que la mobilité de la main-d'oeuvre, comme la surveillance aérienne des autoroutes, c'est théorique. Impossible de forcer le déplacement d'un fonctionnaire de Québec à Joliette.
Le gouvernement prévoit donc de conclure des ententes administratives avec les Conférences régionales des élus et les municipalités. Les CRÉ et les villes, main dans la main, pour mousser l'immigration en région. C''est rassurant, ça non?

5 commentaires:

Julien Raisin a dit…

En remplacant 4 postes sur 10 qui partent à la retraite, le gouvernement de Jean Charest a crée un gros problème, celui du manque de ressource. Beaucoup de ministère ou de société de l'état qui voient leurs personnels partir à la retraite ne peuvent combler ces postes là. Les 4 postes qui reste sur les 10, se sont des postes de promotion ou de mutation, aucun en recrutement. Pis quand il y a du recrutement il faut aller piger dans les listes du conseil du trésor. seulement ceux qui sont sur les listes et qui ont passés l'examen du conseil du trésor peuvent être recruté au gouvernement. En plus les gestionnaires pour le recrutement doivent priorisé les minorités visibles et les handicapés avant les autres.

Les gestionnaire après avoir affiché les postes de mutation et de promotion à l'interne et dans l'info carrière, et n'ayant trouvé personne, n'a pas d'autres choix que de se retourner vers le privé, qui lui coûte beaucoup plus chers qu'un fonctionnaire car la compagnie se garde une part dans le salaire de son employé au gouvernement.

C'est pour cela, qu'il y a présentement une pile de un pied et demi au conseil du trésor de la part de société de l'état et de ministère qui demande de se transformer en agance comme hydro-québec ou la csst ou la saq pour ainsi se détacher du conseil du trésor pour ainsi être plus autonomme pour l'embauche de nouveaux personnels. Le gouvernement de Jean Charest en essayant de couper dans la fonction publique a créer un paquet d'autres problèmes qu'il doit régler le plus rapidement que possible car il y a un manque de plus en plus d'effectifs dans la fonction publique avec les départs à la retraite.

Miss a dit…

Haha, vous voulez qu'on coupe dans le gras de fonctionnaire, ben c'est ça que ça donne ! On coupe mais n'importe d'où... :)

Francois a dit…

J’ai peut-être tout faux, mais je ne comprends pas trop pourquoi ça prend des fonctionnaires pour attirer des immigrants… les compagnies ont seulement à faire tomber leur raciste et ils vont venir s’installer ou bien la ville va retenir ceux de l’université laval. Pour avoir jasé dernièrement avec une dame qui travaillait dans une agence de placements professionnels, elle me disait que plusieurs patrons de la région de Québec demandaient des gens qui avait des noms « prononçable et québécois ». Un bon emploi et plusieurs vont demeurer dans les régions… Il ne faut pas oublier aussi les beaux discours entendu à la commission Bouchard-Taylor. Autre de difficulté pour les régions et la ville de Québec, le manque de communauté déjà établie. Pour ce qui est de la langue Française, en l’absence de communauté anglophone en dehors de Montréal qui croit vraiment que les nouveaux arrivants vont grossir les rangs de cette communauté ?

Bruno-Serge Boucher a dit…

Bonjour monsieur Hébert

J’ai lu votre blogue avec intérêt et vous me permettrez de corriger plusieurs erreurs de faits, erreurs qui faussent aussi vos conclusions.

Disons d’abord que le Ministère n’a pas « aboli » 32 postes. Les faits sont les suivants : au cours des dernières semaines, certains contrats d’employés occasionnels ont été écourtés (de seulement quelques semaines dans plusieurs cas). Et, dans d’autres cas, des contrats d’employés occasionnels qui venaient à terme n’ont pas eu à être renouvelés.

Mais votre plus grande méprise est de comparer deux ministères différents. Vous comparez le Ministère de l’immigration actuel avec l’ancien ministère des Relations avec les citoyens et de l’Immigration de 2004-2005, qui, rappelons-le, regroupait alors les employés de Communication-Québec, de la direction générale de l’Information gouvernementale et du Directeur de l’état civil en plus de ceux de l’Immigration. Ces services sont maintenant assumés par d’autres ministères du gouvernement (Sauf pour l’immigration).

Enfin, relativement à l’évolution de l’effectif voué à la mission de l’immigration et de l’intégration au Québec en région, les données exactes sont les suivantes : 108 postes étaient affectés à cette mission dans les régions du Québec en mars 2005. 101 postes le sont toujours aujourd’hui.

De plus, j’aimerais préciser que les deux postes au Saguenay y sont toujours de même que celui en Abitibi-Témiscamingue et que le MICC n’a par ailleurs jamais eu d’employés affectés en permanence sur la Côte-Nord ou en Gaspésie (Ceux auxquels vous faites référence étaient sans doute des postes de Communication-Québec).

J’espère que ces faits corrigés vous permettront de revoir vos conclusions

Bonne fin de journée

Bruno-Serge Boucher
Directeur des Communications
Cabinet de la ministre
Ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles

Michel Hébert a dit…

@bruno-serge boucher
Le Trésor compare les effectifs des deux dernières années, les Relations avec les citoyens n'y sont déjà plus...
D'autre part, il ne peut y avoir de plus en plus de départs à la retraite sans que cela ne laisse des traces...

@miss
he, oui, j'étais certain de provoquer un sourire de satisfaction quelque part dans l'administration municipale...
je crois que nous n'aurons bientôt plus le choix: nous devrons embaucher des fonctionnaires...
Par ailleurs, ce qui me chicote, c'est que, si le nombre de presataires d'aide sociale a baissé de 40% au cours des dix dernières années, comment se fait-il que le ministre de la So-so-solidarité so-so-sociale est toujours l'un des plus populeux... Pourquoi ne pas en muter à l'Immigration, disons à Fermont...
Je sais, on ne peut pas faire ça. C'est comme la surveillance aérienne des autoroutes, c'est théorique...