Mario Dumont a senti le besoin d'écrire une lettre ouverte pour expliquer aux Québécois ses réserves devant le programme Éthique et Culture religieuse que le ministère de l'Éducation veut voir appliquer au niveau primaire à compter de septembre 2008. Le chef de l'ADQ cherche ainsi, de toute évidence, à reprendre position sur le terrain identitaire davantage occupé par Pauline Marois et Jean Charest, cet automne.
M. Dumont ne pouvait se permettre de laisser les choses en plan tout juste avant l'ajournement de l'Assemblée nationale pour les Fêtes. Il sait bien que les Québécois aiment bien refaire le monde et prendre la mesure des idées des uns et des autres durant les agapes de Noël et du Jour de l'An. Il ne pouvait pas laisser les électeurs adéquistes incapables d'expliquer ses positions, déjà qu'ils sont déçus de sa performance parlementaire et de ne pas l'avoir vu devant la commission Bouchard-Taylor.
Mario Dumont claironne donc que le programme Éthique et Culture religieuse ne fait pas assez de place à la religion catholique et aux traditions chrétiennes québécoises. Soit, il a le droit de penser cela et peut-être que beaucoup de gens pensent comme lui. Plusieurs peuvent effectivement s'étonner de voir le ministère de l'Éducation, si frileux dans l'enseignement de notre histoire nationale, si bien et si vite disposé à renseigner les enfants sur les idées du guru Nanak ou celles de la déesse Shiva.
M. Dumont n'avait toutefois pas à convaincre en ridiculisant une légende autochtone qui, à première vue, n'est pas plus invraisemblable que celle de Moïse traversant la mer Rouge à gué. Il aurait été politiquement plus efficace de prêcher la patience plutôt que de se moquer de Glouskap comme le ferait un cancre. Mais comme il était pressé de sauver la face, il a poussé le bouchon trop loin. Comme avec les commissions scolaires...
La commission Bouchard-Taylor termine ses travaux bientôt et fera part de ses recommandations dans quelques mois. Attendons de voir ce que ces messieurs auront à proposer avant de chambouler l'enseignement religieux, ou ce qui en reste. Il n'y a rien qui presse, d'autant plus que les enseignants en ont toujours plein les bras avec le «renouveau pédagogique» de l'an 2000...
dimanche 16 décembre 2007
SAUVER LA FACE
Publié par
Michel Hébert
aujourd'hui
12/16/2007
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)

0 commentaires:
Enregistrer un commentaire