dimanche 30 mars 2008

ÇA NE VA PAS COMME SUR DES ROULETTES...

Ça va tellement bien pour Jean Charest et son gouvernement qu'on a le sentiment trompeur que ça va bien pour le Québec. Ce n'est pourtant pas parce qu'on ignore les problèmes qu'il n'y en a plus. Les dépenses gouvernementales augmentent fortement mais l'économie s'essoufle. Si elle avait été faite, la réingénierie prendait aujourd'hui tout son sens. Le gouvernement actuel avait pourtant promis de dégraisser le mammouth. Il a malheureusement employé la chirurgie plastique pour retoucher seulement le visage de l'État-providence. Prudence et longueur de temps, sifflotent les libéraux satisfaits, ragaillardis par les sondages.
Voilà pourquoi, on a l'impression que tout va bien. Le gouvernement ne touche à rien. Ou si peu que pas. Que ce soit en santé, en éducation, en culture ou en agriculture, on ne coupe pas court aux habitudes, même aux plus mauvaises. Pourtant, l'évidence saute aux yeux à chaque rapport du Vérificateur général. Ça finira toutefois par nous coûter cher.
Des exemples? L'assurance parentale, un beau programme, est déjà déficitaire; le régime des rentes, un vieux programme sous-financé, a besoin d'orthèses; la Financière agricole, une institution quasi privée, soutient à coups de centaines de millions une agriculture profondément malade, minée par les lobbys du porc, du lait, de la volaille, etc.
En santé, tiens, le gros bobo des Québécois qui fait toujours mal. On y consacrera 30 milliards. Mais avec 215 médecins par 100 000 habitants, le Québec ne fait pas mieux que l'Ontario où le ratio est inférieur de 24%. La commission Castonguay rendait un verdict sévère, il y a quelques semaines. On l'a quasiment déjà oublié.
En éducation, nous ne sommes pas plus exemplaires mais on garde, envers et contre tous, l'année académique la plus courte possible. Selon l'Institut de la statistique, c'est dans l'enseignement que la semaine de travail est la moins longue. Mais qui oserait remettre en question un tel «droit acquis»?
Pas de réforme donc pas de manifs. Mais le modèle québécois continue de carburer à crédit: tous les ministères empruntent, toutes les sociétés d'état aussi. Pas le moindre Grand Théâtre qui n'ait pas un «service de la dette». Pas le moindre CLD sans un «passif accumulé». Pas le moindre traversier couvrant ses dépenses. Montréal compte maintenant sur les Affaires municipales pour couvrir le déficit actuariel de ses régimes de retraite. Québec aussi.
Enfin bref, tout ne va pas comme sur des roulettes. Nous avons peut-être le sentiment que tout va bien parce que ça va bien pour Jean Charest et les libéraux. Mais, si la tendance se maintient, ce n'est pas un gouvernement qu'il faudra au Québec, mais un syndic.
D'où vient cette réticence à revoir notre modèle? C'est plus facile de gouverner sans toucher au statu quo, évidemment. Mais tentons une autre explication en remplaçant le mot France par Québec dans la citation suivante, tirée du livre intitulé La France qui tombe, de Nicolas Baverez: «Au lieu d'expliquer la situation réelle de la France, de favoriser la prise de conscience des citoyens pour les convaincre de la nécessité du changement, l'essentiel du discours politique a été consacré à l'éloge de l'immobilisme au nom de l'excellence de l'exception française». C'est pareil ici. Rien ne bouge vraiment.

3 commentaires:

Julien Raisin a dit…

Tu as entièrement raison Michel, c'est dommage que ton article n'est pas dans La Presse ou à Radio-Canada.

En lisant l'article hier dans Cyberpresse de Alain Dubuc « La chevauchée fantastique de Jean Charest », je me suis dit que les médias de Montréal ne voient pas la même partie que moi. Ils se font un malin plaisir à influencer l'opinion des québécois et ils sont fiers de cela.

Crime Jean Charest c'est un parfait immobiliste il faut être aveugle pour ne pas voir cela. En lisant ton article ce matin, ça me rassure.

Je pense que les médias de Montréal sont complètement déconnecté de la réalité de la politique québécoise. Si au moins ils étaient sur le terrain à l'assemblée nationale, leurs articles seraient peut-être très différents.

C'est pas en étant dans les bureaux de La Presse ou de Radio-Canada que les journalistes sont en mesure d'avoir une vrai vision du monde politique québécois.

Mais c'est qui est encore plus dommage, c'est les québécois qui croient tout ce que disent les médias Montréalais sans prendre le temps de peser le pour et le contre, ce qui est vrai de ce qui ne l'es pas.

Les québécois se disent : Bien, si les spécialistes de la politique québécoise de Radio-Canada et de La Presse le disent, bien c'est parce que c'est vrai.

Sim Lab a dit…

@ Julien Raisin

Vous mettez la faute, dans votre commentaire, sur les journaliste. Je vous présente une autre voie de pensée. Et si la faute serait au rédacteur de chef ou autre supérieur hiéarchique du journaliste? Votre exemple est bon pour la presse, mais pour radio-canada, ils ont leur courrriériste parlementaire sur le terraine, dans les capitales.

Je ne sais pas si j'ai raison, mais les médias fonctionne comme une organisation militaire. Le journaliste est le soldat, le chroniqueur, le caporal, l,éditorialiste, le sergent, le rédac chef l,adjudent, l'éditeur, le capitaine, le proprio, le général, etc.

Stephan St-Laurent a dit…

C'est quand meme desolant de voir le Quebec tomber en morceaux. Autrefois benefique, le fameux modele quebecois herite des Baby Boomers est desuet. Une revue du modele etait a l'agenda depuis 20 ans, mais les forces de gauche repoussent toujours l'agenda.

Chaque annee qui passe augmente la facture a payer a un rythme exponentiel, la magie des interets composes somme me disait mon prof d'economie, mais a l'envers car c'est une dette.

Personnellement j'ai demissionne. Je regarde de loin, et je me desole. Je ne suis pas indifferent, au contraire, toute ma famille et plusieurs amis sont encore dans l'est.

Au fond de moi, quelqu'un pense: maintenant que je suis bilingue, je pourrait retourner au Quebec et decrocher une excellente job avec un salaire correct. Mais salaire correct au Quebec est quand meme largement inferieur a mon salaire actuel, sans tenir compte des impots et taxes provinciales...

Et puis, retourner dans un systeme moribond, immobile, ou la pensee unique est loi, ou les gens ecoutent le Banquier et tout le monde en parle ? Non merci.

Le Quebec a des programmes sociaux superieurs a ceux de l'Alberta, largement. Cependant tout ces programmes gouvernementaux sont en greve a tout les 2-3 ans. Les greves sont une plaie qui paralyse encore plus le Quebec. Vous pensez quoi des greves vous M. Hebert?

Alors pour moi, non merci !