lundi 4 août 2008

FIGURE IMPOSÉE DANS JEAN-TALON

Bien qu’elle n’ait absolument rien à voir avec les Jeux olympiques, l’élection complémentaire qui aura lieu en septembre dans la circonscription de Jean-Talon n’est rien d’autre qu’une «figure imposée» pour le libéral Yves Bolduc. Pas plus risqué qu’un saut périlleux arrière pour un plongeur chinois.

Bien peu de gens doutent d’ailleurs de l’élection du candidat du Parti libéral du Québec, dont l’investiture a eu lieu dans le rectangulaire arrondissement de Sillery-Sainte-Foy, hier soir. Pour donner un peu de panache à la soirée, Jean Charest s’y est rendu, entraînant dans son sillage une poignée de députés et de ministres de son gouvernement.

C’est évidemment pour montrer un peu de respect et d’attachement envers les électeurs que le PLQ joue le jeu ainsi, mais les élections pourraient avoir lieu demain tellement le résultat est prévisible.La rectitude politique nous obligerait à enrubanner la réalité de faux-semblant jusqu’à faire croire à un suspense, mais personne ne croit vraiment à une défaite du Dr Bolduc. Après Margaret Delisle et Philippe Couillard, le prochain député de Jean-Talon, c’est lui.

Cette certitude n’enlève rien à la qualité des candidats adverses. Le PQ fait, de toute évidence, un «placement» en y présentant Françoise Mercure, une avocate bien en vue. Et l’ADQ pourra sans doute aussi présenter un candidat respectable, mais dans l’état actuel des choses, ça n’a pas grande importance. Cette élection est jouée d’avance. Pour les partis d’opposition, le défi sera d’être le meilleur deuxième, en réserve de la république...

Rappelez-vous aussi que le Dr Bolduc a un avantage considérable sur ses adversaires: c’est le ministre de la Santé et, à ce titre, il pèse déjà 20 milliards, près de la moitié des dépenses dites de programmes, c’est-à-dire celles excluant le remboursement de la dette (dont on ne parle d’ailleurs plus...).

Au Conseil des ministres, sa voix sera entendue aussi nettement que celle de l’incommensurable Monique Jérôme-Forget, ministre des Finances et présidente du Conseil du trésor. Qu’il soit originaire du Royaume ne changera rien aux yeux des électeurs de Jean-Talon. Ils savent depuis longtemps combien il est important d’avoir une voix puissante au cabinet et un député-ministre, même avec un accent du Lac, vaudra toujours mieux qu’un député d’arrière-ban, péquiste ou adéquiste. Or donc, à moins d’un scandale inattendu, d’une Julie Couillard des urgences ou d’une bourde monumentale, le Dr Bolduc fera son entrée à l’Assemblée nationale, en octobre.

Malgré les apparences, cela fera l’affaire de Sam Hamad. Le nouveau ministre Bolduc pourrait bien avoir besoin des conseils de son collègue de la Solidarité sociale. Avec les projets du PEPS et de l’Hôtel-Dieu, un ingénieur qui connaît les ingénieurs, ça peut toujours être utile...

10 commentaires:

Stephane a dit…

Démocratie québécoise? Quelle démocratie (Santa Banana?) "exemplaire"!!

quebecpolitique a dit…

Pour renchérir sur votre commentaire sur le PQ et l'ADQ qui cherchent à se placer «en réserve de la république», il y a également la refonte de la carte électorale dont il faut tenir compte. Si l'élection générale n'a pas lieu avant le printemps prochain, et si la nouvelle carte électorale (qui entrera alors en vigueur) ressemble à celle que le DGE avait dévoilée dans son rapport préliminaire en mars dernier, le «nouveau» comté de Jean-Talon risque d'être moins favorable au PLQ puisqu'il grugera largement sur l'actuel comté de Louis-Hébert. Dans ce contexte, l'objectif du PQ et de l'ADQ est probablement de placer leurs pions pour la prochaine élection générale, avec un bon candidat et en créant un «momentum», plutôt que de gagner l'élection partielle.

Michel Hébert a dit…

La réforme proposée par le DGE fait face à de très fortes résistances au conseil des ministres. Il est possible que rien ne change d'ici au prochain scrutin.

mathilde a dit…

Je trouve pour ma part que le cynisme du PLQ dans Jean-Talon atteint de nouveaux sommets. Après avoir parachuté Philippe Couillard à 10 jours du déclenchement des dernières élections (personne n'a pu retracer un exemple où un ministre a délaissé la circonscription où il était toujours en poste pour une nouvelle), le PLQ tient tellement les électeurs de Jean-Talon pour acquis qu'il leur envoie maintenant un aspirant qui avait formellement déclaré préférer perdre dans sa circonscription (Las St-Jean) que de gagner ailleurs ! Tout cet épisode en dit également long sur la (non) importance que MM. Charest, Couillard et Bolduc accordent au rôle de député !

Miss a dit…

Lorsque la population sera assez écoeurée pour se faire prendre pour des épais, elle n'aura qu'à boycotter ces élections. Ça enverrait ainsi un message clair.

Sauf que ça n'arrivera pas ! :(

ma a dit…

Il n'y a pas seulement le PLQ qui possède son école de parachutisme!
Parlez-en aux Charlevoisiens!!!

JRMA

Thomas a dit…

Est-ce que Gilles Taillon a fini par vendre sa maison à Gatineau?

Miss a dit…

Est-ce que Pauline a passé beaucoup de temps à son chalet de Charlevoix cet été ?

Darth H. a dit…

@ ma

La différence, c'est que Charlevois avait Rosaire Bertrand comme député depuis des lunes..dans Jean-Talon, çà va leur faire 3 députés libéraux différent en moins de 2 ans...il y a une nuance importante, non?

Pour comparer des pommes avec des pommes, il aurait fallu parler de Nicole Léger, André Boisclair et encore Nicole Léger dans Pointe-aux-Trembles...

roméo a dit…

Vous avez oublié les verts du Centre de l'Environnement. Eux aussi présentent leur "vedette" pour gruger dans le tas un petit pourcentage afin de permettre aux libéraux de s'en tirer avec moins de votes.

Alors les libéraux envers (en VERT) et contre tous. Un ministre c'est mieux qu'un back-bencher.